samedi 1 juin 2013

3. J'suis pas raciste, mais...

J’suis pas raciste, mais…


Un de mes amis aimait bien poser cette question : « Sortirais-tu avec une Noire? » et c’est toujours avec un sourire narquois qu’il nous regardait tenter une réponse. Surtout pour moi pour qui c’était une question piège, car je n’avais jamais été attiré par une Noire avant il y a quelques semaines. Mais en regardant bien, je remarque l’absence de personnes non-Blanches dans ma vie jusqu’à très récemment. Et si parmi toutes les Blanches que je connais très peu m’ont vraiment accroché, il est statistiquement normal qu’aucune personne d’une autre couleur que la mienne ne m’ait attiré.

De manière encore plus particulière, je ne suis pas attiré par beaucoup de modèles de visages et la couleur de peau ne vient pas vraiment y faire quoi que ce soit. Les visages légèrement ronds et les fronts moyens m’attirent, les visages plats beaucoup moins, les fronts hauts pas tellement plus, tout comme les structures de mâchoires osseuses et carrées. J’avais tout de même trouvé la véritable réponse : « Seulement si je tombe amoureux de la Noire en question. » Je ne me casse plus la tête.

Tout ça pour dire qu’avant de croiser le type que je nommerais « Tia Dalma » (avec hygiène, désolé Tia Dalma), donc les filles qui ont des caractères communs à l’actrice Naomie Harris, aucune Noire ne m’avait attiré, au même titre que les fronts hauts ou les mâchoires carrées. J’avais tout de même trouvé une bonne réponse : « Seulement si je tombe amoureux de la Noire en question. »



Mais ça m’amène à parler d’un phénomène en marge des vestiges de la ségrégation « raciale » que je ne nommerais pas, tout simplement car je n’ai pas trouvé de nom, et je ne sais pas s’il en a un. C’est cette volonté de ne pas avoir l’air raciste quand justement on ne l’est pas et qui peut rendre complètement fou. Je m’explique: je suis chauffeur d’autobus et je dois partir à 2 heures très exactement et je n’ai pas le droit d’attendre les retardataires. Malheureusement, une personne de couleur court à toute vitesse vers mon bus et va le manquer à coup sûr d’une vingtaine de secondes. Si je m’arrête, je vais à l’encontre de la règle établie, si je continue, je passe pour un raciste. La question que je me pose est : « que ferais-je si c’était une personne Blanche? » Et vlan. Là est mon problème.

Cette simple pensée vient-elle de faire de moi quelqu’un de raciste? Non, je n’ai pas la réponse, mais j’ai envie de me poser la question et de vous poser la question.

Si on poursuit le raisonnement, le seul moyen de ne pas être raciste serait de ne même pas avoir réfléchi à la vision qu’auront les autres de nous et d'y aller comme à son humeur ou son habitude en considérant tous les peuples/sexes/religions/autres comme une joyeuse bande d’humains, mais ça reste difficile et même compliqué. Après tout, nous venons tous avec un certain bagage culturel, certaines expériences et plusieurs manques. Et chaque groupe (quand on s'y identifie...), peu importe son genre, a sa vision de lui-même qui influence beaucoup le comportement qu’il adopte avec les autres. Les souvenirs des vieilles défaites, des humiliations, des victoires, des rangs sociaux. Parfois, je désespère du « je me souviens » qui est plus prompt à réveiller d’anciennes querelles qu’à résoudre les défis du présent.

La véritable solution est donc qu’il n’y ait pas eu de premier raciste, de première séparation. Ou encore que tout le monde ait parfaitement le choix de son physique (pensons aux elfes dans Eragon, le livre, pas le machin-truc à l’écran où il n’y a pas de nains…) de telle sorte que toute différence soit un choix artistique et jamais un fardeau.


La lutte au racisme est-elle une forme de racisme?

Avez-vous remarqué l’absence récurrente de couples mixtes dans le cinéma américain? Ils sont peu présents parce que le public l’accepte mal et pourrait rejeter le film. L’américain moyen continue de considérer la couleur de peau comme une classification plutôt que de voir le genre humain au sens large chez tous et chacun.

Je vois poindre des lueurs d’inspiration concernant l’eugénisme et l’homosexualité à l’horizon, mais je vais les garder pour plus tard, je considère que ça demande un traitement complet.

D’ici là faites peut-être un saut voir ou revoir I Have a Dream de Martin Luther King. Ça vaut le détour.


Odin


P.S. Dernier message avant mon départ pour Montréal!

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