jeudi 1 août 2013

12. De la musique et des myriades de soleils

De la musique et des myriades de soleils


C’est en sortant violement de mon milieu que j’ai saisi à quel point j’y étais profondément ancré.
Cette profondeur que j’avais avec tant de gens ne s’est pas envolée, elle est restée là-bas. Vivre des années au même endroit permet de créer de forts liens interpersonnels qui ne peuvent se bâtir qu’avec le temps. Un temps que j’avais très mal estimé. Retrouvé des gens avec qui le courant passe, des confidents pour ses secrets, des oreilles pour les problèmes et surtout, des âmes pour le bonheur.

Je me trouve comme prisonnier de la trame sonore d’un film que je n’ai pas vu. C’est bien, mais… je ne vois pas défiler d’images devant mes yeux, pas d’émotions profondes ou complexes, je ne suis pas touché. Si vous écoutez maintenant Song of Captivity and Freedom sans connaître la série Doctor Who, ça ne sera pas aussi extraordinaire qu’après avoir vu la finale de Journey’s End (Série 2, saison 4, épisode 13)! Ce n’est même pas une question de confort ou d’habitude, mais de compréhension. Et cette compréhension, je ne l’ai pas encore de mon nouveau milieu, c’est donc difficile de me sentir vraiment en harmonie avec autre chose qu’un livre depuis quelques semaines.

Cette même harmonie relationnelle, j’arrive à la retrouver aisément au contact de ceux que j’ai quitté en quelques instants, nous connaissons nos limites, la voix de l’autre évoque des mots, des lieux et des histoires communes. Nous avons des points de référence communs à gauche à droite, le courant passe fluidement.

Par contre, parfois, on tombe sur quelqu’un et la compréhension, la complicité est déjà là. Ça m’est déjà arrivé, ces gens qui, comme un disque de Ludovico Einaudi, nous sont familier d’avant notre rencontre et avec qui on peut accéder à un niveau supérieur de discussion sans peur ni doute dès la première rencontre.

C’est peut-être une des raisons pour laquelle la réincarnation me parle tant. Même si toute ma rationalité hurle au néant post-mortem et à la chimie hormonale toute puissante, mon cœur trouve parfois auprès de certains une sérénité peu commune et instantané qui me fait douter des théories les plus probables. Ce qui me fait tout de même me demander : Un jour, l’explication rationnelle chimico-psychologique de l’amour prendra t-elle le pas sur la magie qui l’entoure depuis toujours? Et si cela arrive, pourrions outrepasser la définition froide de celle-ci pour en comprendre le sens profond qui lui donnerait une puissance décuplée?

Je m’explique. Quand on s’est rendu compte que les étoiles n’étaient que de grosse boule de plasma, elles ont perdu leur aspect mystique pour devenir de la matière « terrestre » ou ordinaire. Mais d’un autre côté, chaque étoile est devenue un soleil pouvant potentiellement abriter des mondes différents du notre et tout d’un coup, le ciel est devenu un potentiel infini d’histoires et d’aventures incroyables.

En sera-t-il de même pour les émotions?

Je ne sais pas, mais en dehors des émotions cette concordance entre deux inconnus que j’ai souvent connus attend encore son explication rationnelle et claire. Et si on arrivait à un consensus scientifique, quel aspect de celui-ci viendrait sublimer la désillusion pour la rendre encore plus fantastique que la folle théorie des âmes amies qui se retrouvent entre deux vies?

Je ne sais pas, et j’imagine que la réponse est soit trop simple pour que j’y pense, soit hors de portée de mon esprit et de ce qu’il contient actuellement, surtout de ce qu’il contient actuellement…



Je m’excuse profondément du retard que j’ai pris, d’autres projets ont accaparés mon attention ces derniers temps.

N’hésitez pas à commenter vos questions, commentaires ou réponses.

Odin


mardi 16 juillet 2013

11. Je te guetterai

Je te guetterai

Reprise d'un ancien texte que j'avais initialement publié dans le journal étudiant de mon école, je pourrais vous retrouver la date si vous insistez.




D’aussi loin que remontent mes souvenirs, c’est le premier décès dans ma famille, c’est aussi la première fois que je me rends au salon mortuaire.

C’est mon grand-père qui s’occupe de l’oraison funèbre, d’autres viennent dire un mot, dire adieu à une sœur, une mère, grand-mère, tante, grand-tante et dans mon cas, arrière-grand-mère.

Hémorragie cérébrale, ça ne pardonne pas. Elle a été incinérée il y a moins d’une semaine. Autour de ses cendres, nous avons ri, pleuré, parlé. Nous avons même chanté. L’urne où reposent ses restes, c’est ce qui m’a choqué. Son corps tout frêle qui tient à présent dans un cylindre cartonné avec une impression, la photo d’un paysage de chez elle avec un arc-en-ciel.

Le soir même, ses derniers biens sont répartis dans la famille selon ses dernières volontés. Une collection d’assiettes, des cloches, quelques CD, ce qui n’est pas un lègue est mis sur une table, on peut se servir. Je ne prends rien, je perds tout de toute façon. Parmi les quelques objets hétéroclites, une petite pile de livres, elle avait fait le tri quelques mois plus tôt, il ne restait plus que ses préférés. Pas mal d’essais sur le bonheur et L’Alchimiste de Paulo Coelho, ça me fait sourire, ça aussi c’est un livre sur le bonheur. Une belle édition, bien meilleure que la mienne, mais je le laisse à quelqu’un d’autre qui le découvrira peut-être ainsi.
 
Tout ça pour dire que ça m’a remis en tête une des plus belles histoires d’amour que je connaisse. Vous avez peut-être vu le film qui fut un pur flop La boussole d’or? Sinon peut-être avez-vous lu la série À la croisée des mondes, clé de voute de l’œuvre de Philip Pullman?

Quoi qu’il en soit, je vous résume la situation. Dans cette trilogie, une jeune femme venue d’ailleurs aime un jeune homme de notre monde et bientôt, les portes qui traversent tous les univers vont se fermer à jamais. Or, leur périple les a menés jusqu’au royaume des morts et ils savent ce qui arrive après la mort. Les âmes parcourent alors un long chemin vers un dernier portail qui mène à une grande prairie. Les fantômes entrent alors dans ce dernier monde et chaque atome de leur corps ectoplasmique se disperse pour retourner à l’univers et en faire partie.

C’est là que l’histoire d’amour intervient.

« Je te guetterai, (…) à chaque instant, à chaque seconde. Et quand nous nous retrouverons, nous nous serrerons si fort que rien ni personne ne pourra nous séparer. (…) Nous vivrons dans les oiseaux, les fleurs, les libellules, dans les sapins et les nuages, et dans ces minuscules particules de lumière qu’on voit flotter dans les rayons du soleil… Et quand ils utiliseront nos atomes pour fabriquer de nouvelles vies, ils ne pourront pas en prendre qu’un seul, ils seront obligés d’en prendre deux, un de toi et un de moi, tellement nous serons soudés… »

Physiquement impossible, surtout pour un étudiant en physique, mais ça m’a marqué et encore aujourd’hui, ça me touche. Je ne veux pas être prisonnier de ma mort, même symboliquement.

J’ai 18 ans, et je me sens mortel plus que jamais. Que faire face à l’imminence du passage obligé vers la dernière grande aventure? Premièrement, prendre mes précautions : « Maman, si je meurs demain, je veux que tu disperses mes cendres. » Ça, c’est fait. Deuxièmement, oser y réfléchir, prendre conscience de la mort et accepter le fait qu’un jour je ne serai plus, chose que je n’avais plus faite depuis des années et qui m’avait beaucoup rapproché de la vie.

Dans sa Supplique pour être enterré sur la plage de Sète, Brassens voulait être enterré sur une plage près de l’eau plutôt que dans le marbre. Il gît maintenant dans le marbre, mais bien à Sète.

Pauvres rois, pharaons! pauvre Napoléon!
Pauvres grands disparus gisant au Panthéon
Pauvres cendres de conséquence!
Vous envierez un peu l'éternel estivant
Qui fait du pédalo sur la vague en rêvant
Qui passe sa mort en vacances





Encore mille choses à raconter et juste une vie déjà bien remplie. N'hésitez pas à partager ou laisser un commentaire si ça vous a plu!

Odin

dimanche 7 juillet 2013

10. Retour aux sources

Retour aux sources

Pourquoi est-ce que ce qui est si mauvais pour nous nous semble si bon? Ces réflexes animaux de recherche de gras, de sel et de sucre continuent de dicter notre univers culinaire et parallèlement une bonne partie de notre économie. Pourtant, lorsque je pose un jujube dans ma bouche et se déclenche un tourbillon de bonheur gustatif, j’ai parfaitement conscience que ce que j’avale me rapproche de la tombe (pardonnez l’hyperbole, c’est une licence poétique).

En même temps, on connait bien les dangers du bronzage, de la cigarette, des drogues dures, de Facebook, du gras trans, de l’alcool au volant, etc. Est-ce que ça empêche les salons de bronzage, les junkies, la recherche de reconnaissance sociale, les statuts Facebook de basse classe et McDonald de se perpétrer?

Bien sûr que non, la recherche du plaisir prime. Peu importe sa nature, même s’il vient prendre le dessus sur tout ce que l’humain a de plus beau et de plus vrai. Les techniques ont évolué plus vite que notre capacité naturelle à les assumer. Nous avons la possibilité de ne vivre que de plaisir et de travail simple. Et c’est alors que l’homme a tous les outils pour transcender la nature que celle-ci gagne la partie.

Alors que j’ai la certitude qu’il existe un équilibre entre l’ermite asexué et Dorian Gray, je sens que le message officiel tend vers un monstre de démesure édulcoré pour ne pas effrayer le grand public et toujours confondu avec certaines valeurs généralement admises avec un manque flagrant de sincérité. Je m’égard, j’ai beau tout exposer, rassembler les preuves serait un jeu d’enfant, les analyser est l’histoire d’une vie. Je vais me contenter d’astrophysique pour l’instant.

Je dis ça, en fait, parce que là où je suis, les maîtres des lieux gardent la télévision allumée presque en permanence et que malgré mon isolement dans ces moments, je suis témoin de cette image projetée et que je n’aime pas ça. Ça me rend un peu malade en fait.

Je préfère le silence d’une bibliothèque au babillage incessant de V et TVA… Pas plus tard que ce matin, j’ai parlé avec un des gardiens de sécurité du planétarium. Il m’a dit que tout ce qu’on présentait au planétarium l’impressionnait beaucoup, mais qu’il n’aimait pas vraiment les nouvelles technologies. Il a dit qu’il aurait préféré vivre à une époque plus noble et où la vitesse n’était pas au centre de tout.

Je ne suis pas d’accord sur un point, car j’espère. Je crois qu’une « noblesse technologique » peut exister et je souhaite vivement que la vitesse devienne le propre de la machine pour qu’on considère la paresse et la contemplation comme une richesse nationale et humaine.

Utopiste plutôt que défaitiste.

N'hésitez pas à commenter et partager si le coeur vous dit, je continue de répondre quand je le peux.

Odin


samedi 29 juin 2013

9. Religion

Religion

Je suis très profondément agnostique. Je ne « sais » (remarquez les guillemets) pas, je me contente de supposer, d’espérer, de constater et d’apprendre.

De supposer qu’il y a peut-être quelque chose avant, après, au-dessus. Que la raison des choses pourrait nous échapper ou nous surpasser. Que peut-être aussi il n’y a rien d’autre que nous et que cette chance collective, c’est à nous et rien qu’à nous de s’en occuper, de la chérir, de la développer et de l’aimer. Je ne sais plus qu’est-ce qui fait le plus peur, le fait d’être laissés à soi-même ou l’impossibilité de contrôler son destin. Plusieurs scénarios s’offrent à moi.

-Sur le plan personnel, on contrôle mon destin et j’ai peur car comment puis-je savoir que j’existe vraiment si je suis prédéterminé?
-Sur le plan collectif, rien n’est contrôlé et j’ai encore plus peur parce que l’humain a prouvé sa négligence et sa haine bien trop souvent.
-Sur le plan personnel, je suis laissé à moi-même et j’ai peur de passer à côté de tant de choses qui sont peut-être un « destin », un potentiel.
-Sur le plan collectif, nous sommes contrôlés et j’ai pas mal peur parce que je ne sais pas qui a le pouvoir entre ses mains.

En gros, je suis peureux dans mes suppositions.

J’espère aussi. J’aimerais que des choses existent, et ça influence beaucoup mes théories généralement plus acceptées (par moi-même, pas par les autres). La réincarnation est un concept que j’adore. Malgré les défauts de cette théorie (sauf si les âmes sont intemporelles et ne viennent pas juste sur la Terre, le fait que leur quantité « en jeu » varie est problématique tout comme l’endroit d’où elles viennent), c’est, selon moi, la plus attrayante sur le plan de ce qu’il y a après/avant la vie et elle possède moins d’incohérences que bien d’autres croyances.

Je m’explique : s’il existe une infinité de mondes et que les âmes sont immatérielles et intemporelles, pourquoi s’arrêteraient-elles à une vie? Est-ce que ce serait vraiment suffisant pour elles? De plus, la mémoire est un phénomène purement physique, il est normal qu’une âme ne se rappelle pas exactement son parcours. Et si elles ne se réincarnent pas, où les met-on pour l’éternité? Selon moi, le paradis est sur Terre et l’enfer y est encore plus.


J’adore cette phrase : Nous ne sommes pas des êtres humains venus vivre une expérience spirituelle, mais des êtres spirituels venus vivre une expérience humaine. Et j’ai décidé de la vivre à 100%, sans raccourci, triche ou aidant autres que mes pairs.


Je ne crois pas au Dieu des chrétiens, des musulmans ou des juifs (c’est le même, mais ils le regardent de manières tellement différentes…), ni en les dogmes hindouistes ou « proto-religions amérindiennes » peut-être plus évoluées que celles des « civilisés ». J’aime bien le bouddhisme, mais je reste profondément anti-institutions religieuses et opposé aux prêts-à-penser, bien que je reconnaisse l’importance historique des religions et des Églises. Parallèlement, je ne crois pas que les esprits rejoignent un être supérieur bienveillant ou malveillant à leur mort.

J’ai des centaines de théories sur ce qu’il y aurait au-dessus, mais ça parle souvent de temps et de prophéties, je développerai plus un jour, peut-être.

Je crois aussi en certains concepts tels l’amour, la sérénité, l’harmonie, l’équilibre… J’y crois, sans y apporter foi(1)… Mais pour moi il s’agit d’un certain type de constantes humaines, soit liées à nos gènes ou à l’esprit humain, ou de réalités de l’univers que l’on pourrait mathématiser, un peu comme dans la série Touch.

Touch, c’est une série télévisée américaine qui raconte les tribulations d’un père dont le fils est un autiste qui voit la trame mathématique du monde et les « fautes » dans l’équation. L’enfant en question, Jake, n’a jamais parlé et il y a toute une histoire (qui ne m’intéresse pas) à propos de la garde de l'enfant par le père. L’émission s’articule autour des actions, parfois dangereuse, que Jake force son père à faire en le mettant sur la trace de certains nombres et qui ont des conséquences de type effet papillon partout sur la Terre. Par exemple, le fait de redonner un transistor à quelqu’un dans l’autobus où son fils l’a mené conduit à sauver la vie d’un astronaute. Il y a de très beaux épisodes, d’autres… moins bons, mais tout de même meilleur que ce que vous trouverez à TVA.



En essayant de nouveau d’augmenter mon rythme d’écriture pour en revenir à la vitesse initiale…

Si vous avez aimé, n’hésitez pas à répandre la bonne nouvelle (je me permets le jeu de mot juste à cause de mon titre) et à commenter si vous avez quelque chose à rajouter!

Odin



1. Si vous voyez ce que je veux dire ici, écrivez le dans un commentaire, je ne comprends pas moi-même.

vendredi 21 juin 2013

8. Eugène, des elfes et un bilan

Eugène, des elfes et un bilan

J’imagine que je ne suis pas le seul à avoir deux avis contraires sur un même sujet. George Orwell parlait de double-pensée dans 1984, la capacité de penser deux choses qui se contredisent en même temps et de faire instinctivement appel à la bonne pensée selon le contexte, tout en oubliant l’exercice mental que l’on accomplit ainsi que le concept même de la double-pensée. Peut-être en suis-je victime? L’eugénisme (1) est un de ces sujets chauds pour lequel j’ai deux avis diamétralement opposés et une proposition.

Je suis contre l’eugénisme s’il n’est pas organisé selon des lois ultra-précises, un code d’éthique extrêmement sévère et de manière totalement désintéressée. Par exemple : la sélection se fait sur l’ensemble de la population (pas d’exception), aucun parent ne connait l’identité de son généticien et vice versa, un généticien doit choisir un garçon une fois sur deux et une fille la seconde fois et il conserve le plus bel embryon selon les critères les plus vagues possibles, soit l’absence de gènes déficitaires et de maladies graves, la viabilité de l’enfant et l’assurance qu’il pourra se développer de la manière qu’il choisira de le faire.

Par contre, choisir le sexe, les attributs, les talents… ça je suis contre, et seulement à cause du mot « choisir ». La naissance n’est pas à la carte. L’homme est hasardeux et c’est ce qui le rend tellement (insérer le ou les qualificatifs de votre choix parmi ceux de la liste suivante).

-Merveilleux
-Magique
-Imprévisible
-Dangereux
-Impossible
-Agréable
-Incompréhensible
-Versatile
-Plein d’autres attributs

Ce n’est pas forcément de la double-pensée, mais une société plus parfaite me plairait beaucoup peu importe si on considère qu’elle serait bâtie sur l’annihilation de plusieurs valeurs que je défends et que j’ai défendues plus haut.




Il y a quelques semaines, j’ai eu une grosse discussion avec un humain transformé en elfe et deux elfes (oui, ça m’arrive, non, pas de drogue). C’était incroyable parce que l’ancien humain racontait comment il se sentait dépourvu du doute et du tourment, alors que les elfes philosophaient sur pourquoi les humains se tournent parfois vers le mal et que je renchérissais sur le fait que les meilleurs humains sont plus bons (dans le sens de bonté, c'est grammatical) que les elfes. Nous avons conclu que c’est le manque de temps qui change la donne. Avec moins d’un siècle, l’homme doit se dévouer ou n’aller nulle part. Et là où il met sa dévotion le construit, sa passion le consume, consume les autres ou permet la création de quelque chose de plus grand que lui.

C’était une belle conversation.

Les elfes naissent parfaits, leur espérance de vie transcende les siècles. Ils n’ont même plus besoin de l’eugénisme, celui-ci se fait naturellement. Ils n’ont plus de psychopathes, mais parfois, leur perfection les rend fades; plus de passions, plus de défis. Si dans la plupart des mythologies post-Tolkien (lire ici post-naissance-de-Tolkien) les elfes quittent les contrées humaines, c’est peut-être qu’ils ont compris que nous avons quelque chose d’unique et que leur temps est révolu contre les humains créateurs… et compté contre les humains destructeurs. Tout ça parce que la naissance, l’enfance et les choix de chaque humain sont laissés au hasard et à lui-même, pour le meilleur et le pire.

Le manga Death Note pose un autre problème comme ça. Est-il éthique de tuer des criminels? Selon le personnage principal, tout le monde montrera une façade de « non » en invoquant l’éthique même si dans le secret, ils appuient l’éradication du mal. Je vous conseille ce manga, il est magnifique.





Près de trois semaines de faites, petit bilan sur mon aventure citadine.

J’aime beaucoup mon travail, je suis en constante stimulation, je vois des gens, ça me demande de la réflexion et certaines formes d’intelligence que je maîtrise.

Je sors beaucoup, au cinéma, dans les bars (bien que je ne boive pas d’alcool)… J’ai même assisté à une soirée de slam, une sorte de poésie pas tout à fait chantée, parfois sur musique, d’autres fois non. C’est souvent engagé, parfois comique. Mon préféré faisait des jeux de mots sur la physique et la chimie, il a d’ailleurs gagné le concours.

J’ai relevé beaucoup plus d’incohérences dans L’Homme de fer que dans Star Trek, ce qui m’a surpris parce que je ne m’attendais pas à ce que Superman s’en aille défier les lois de la physique ailleurs que sur Terre contrairement à Star Trek. Un noyau de planète, en l’occurrence Krypton, qui explose en nébuleuse? Non! Les positionnements des corps célestes ne sont même pas crédibles tout comme l’ensemble de leurs concepts sur pourquoi la Terre renforce Clark Ken… Leur machine à terraformer est également ridicule.

Je suis très bien installé, je commence même à m’étendre dans mon nouvel environnement. C’est bon signe.

Je n’aime pas Montréal, c’est officiel. La société des transports est mal-fichue, l’air est souvent infect et la vue est rarement belle.

J’adore la vie de ville, même si je crois que j’en profite un peu trop. Je ne lis plus beaucoup, je prends du retard dans l’écriture et je ne fais pas assez de sport. Mais c’est de ma faute, quand on veut du temps, on doit le prendre par la force, se l’arracher.

Aussi, beaucoup de gens me manquent. Je sais qu’ils ne font pas exprès, mais ils font partie de mon bilan, je suis loin d’eux, ils sont loin de moi. J’ai pu en voir quelques uns en fin de semaine, mais si peu. Si peu.



En essayant de reprendre mon rythme d’il y a une semaine.

Si vous avez des commentaires, questions, insultes, astuces Nintendo, etc., n’hésitez pas à les écrire dans les commentaires et à partager si vous avez aimé!


Odin



1. Pour les néophytes, l’eugénisme pourrait se résumer à la sélection artificielle des gènes (par exemple à la conception d’un enfant) dans le but d’améliorer le patrimoine génétique de la race humaine. Ça pose plein de problèmes éthiques et permet un tas de choses fantastiques, l’article Wikipédia doit faire une centaine de pages.

Pour aller plus loin, le film Bienvenue à Gattaca met en scène un « imparfait » dans une société où les enfants sont choisis à la carte et où leurs gènes déterminent leur destin. Dans un style magnifique, une narration douce et un scénario d’Andrew Niccol, que l’on connait pour The Trumman Show et Les Âmes vagabondes que je verrai peut-être un jour…


mercredi 12 juin 2013

7. L'eau

L’eau

L’eau n’est absolument pas mon élément. Immergé, je me sens oppressé, physiquement et mentalement. J’ai l’impression qu’un tentacule va surgir des profondeurs et me happer vers le fond, qu’un tourbillon va m’emporter dans un abysse ou encore qu’une crampe va me paralyser alors que j’ai plusieurs fois ma hauteur en eau sous moi. C’est une peur tribale, primitive, mon esprit fige, laissant les réflexes (ceux-là même qui ont sauvé la vie de mes ancêtres bien avant l’invention de la roue) faire leur travail. Même la fuite m’est étrangère dans ce milieu. C’est une terreur qui n’est pas sans rappeler celle que j’éprouve au contact de l’œuvre d’H.P. Lovecraft.
 
C’est le mythe de Cthulhu qui m’a introduit au genre de l’horreur cosmique. Je suis en général très réceptif (ça me rend malade) au genre de l’horreur, mais le style très cérébral de Lovecraft m’a séduit. C’est surtout le fait que la sensation de terreur n’est pas basée sur les réflexes de défense du cerveau primaire, car il s’agit plutôt d’une expérience intellectuelle et presque spirituelle qui se construit très doucement aussi bien littérairement que psychologiquement jusqu’à l’apogée du malaise métaphysique qui clôt le récit avec des points de suspension. On n’est pas au cinéma américain.

Par contre, l’horreur aqueuse relève de la peur animale, les peuples desquels je descends ne sont pas des marins. Amérindiens dans les forêts, Québécois dans les champs, Ch’tis dans les mines et Français dans les villages. Mes racines plongent dans la terre et la pierre, et l’eau que j’aime est celle de l’orage.

Jean-Baptiste Adamsberg, un personnage de l’auteure de romans policiers Fred Vargas, se fait une réflexion tout à fait admirable alors qu’il enquête sur un meurtre particulièrement violent. Un orage est en train de frapper Paris et il va se promener sur le bord de la Seine. Au moment le plus fort de la tempête, alors qu’il ressent dans ses tripes toute la puissance de la nature, il conclut qu’un meurtrier doit n’avoir jamais eu la chance de vivre l’orage comme il le vit, sinon il aurait trouvé ça suffisant et n’aurait pas eu besoin de tuer. J’aime beaucoup l’œuvre de Vargas, ça change des CSI et compagnie…

Par contre, l’auteure (Fred Vargas est le nom d’auteure d’une femme, Frédérique Audoin-Rouzeau) semble n’être jamais venue au Québec, mais ne s’est pas gênée pour écrire un livre qui mène ses héros dans la belle province, à la rencontre des fameuses expressions québécoises qu’elle a dû trouver dans un recueil du siècle dernier… Personnellement, je n’ai jamais entendu dire « assis-toi là-dessus pis tourne » (excepté dans une conversation entre ma mère et moi, on est fan de Vargas!)





Métro :

Les couples dans le métro lui insufflent une vie qui est autrement peu ou pas existante. Il y a le beau couple qui s’embrasse doucement sur son banc et qui te fait sentir figurant dans un film, mais pas dans Les Temps modernes de Chaplin, plutôt dans une comédie romantique où l’entièreté du scénario se devine à la quinzième seconde. Ça reste mignon, pas comme le couple qui s’embrasse farouchement et se taponne à gauche à droite, où l’homme est squelettique et la femme a passé le cap où la peau ressemble à celle d’un éléphant difforme.

Non, ce n’est pas beau; oui, c’est un fait vécu. Là, c’était plutôt le début d’une émission de télévision policière amateur (oui, je sais, il y a une faute, mais amatrice ne se dit pas tellement à l'oral) qui tente de faire une scène d’introduction comme à série+…




Si on vous le demande, je suis un chat, et pas un aquatique.

Si vous vous demandez pourquoi mon rythme de travail était diminué, c’était parce que le câble d’internet n’était pas branché dans la case « internet » du routeur depuis je ne sais quand là où je vis et que je viens juste d’y remédier…

Si vous avez des commentaires, questions, insultes, astuces Nintendo, etc., n’hésitez pas à les écrire dans les commentaires et à partager si vous avez aimé!


Odin

samedi 8 juin 2013

6. Une histoire de nez

Une histoire de nez

Cyrano-Savinien-Hercule
De Bergerac.
J’ai mal à mon pic, j’ai mal à mon cap, que dis-je, j’ai mal à ma péninsule! Mon nez souffre de la pollution ou du pollen, peut-être des deux. L’air frais et les odeurs légères de la campagne me manquent, la forêt, les rivières, le sol. À Montréal, je suis aux prises avec des odeurs plus ou moins agréables, mais presque toujours intenses et agressives. Bref, je suis olfactivement sous attaque.

Ça me fait mal dans le fond de la gorge, mon cœur se soulève. Parfois, je suffoque dans l’obscurité d’une ruelle, dans les brumes de tabac ou même dans les zones de parfum entêtant, que leur provenance soit d’origine naturelle ou artificielle. L’intensité mord le nez et les bronches.

Le pire dans tout ça, c’est la cigarette. Elle me répugne, me donne des haut-le-cœur. Je passe des heures à essayer de me débarrasser de la sensation que c’est moi qui a fumé. Oui, c’est dégueulasse.

J’ai peur en revenant aux odeurs que j’ai aimées que mon odorat ne sache plus comprendre ce qui est doux et subtil. Ce serait un deuil inimaginable. Et je viens d’y penser : On divise les gens en trois catégories selon leur façon d’apprendre. Les visuels, les auditifs et les kinesthésiques. Soit ceux qui assimilent par la vue, l’entendu et le ressenti. Mais nous n’avons pas de catégories pour les… gustatifs et olfactifs? Existe-t-il des gens qui apprennent par le nez et la bouche plutôt que par la vue, l’ouïe et le mouvement? Et aussi, peut-on ajouter les émotionnels?

Ces catégories heurtent un mur dans leur implantation, s’il existe bien des humains qui apprennent mieux ainsi, car elles ont très peu d’applications concrètes aisément visibles et que leur champ d’activité est soit minimisé par les institutions, soit minimisé par la société. Une pure question de logique pourrait-on dire. De mon côté, je dirais un pur manque d’imagination. Bon, ce n’est pas mon combat de faire des études sur des cas particuliers en matière d'apprentissage par la nourriture, les odeurs et les émotions. Quelqu’un veut s’en charger?



J’suis pas raciste, mais…

On m’a bien dit de me méfier des pickpockets dans le métro, et dans la foule compacte, je serre tout naturellement mon sac dans mes bras. Une fois, alors que j’enlaçais mon sac, j’ai vu devant moi un jeune Noir, le genre qu’il y a dans les films stéréotypés et qui vole la sacoche de la vieille dame avant de se faire arrêter par le héros héroïquement héroïque, un Blanc bien sûr… et j’ai relâché mon étreinte sur mon sac. Et ce sans même m’en rendre compte avant plusieurs secondes. Avoir peur d’avoir l’air raciste, Office de la langue française, inventez un mot s’il vous plait.




Je voudrais remercier spécialement et officiellement mon amie Anna qui lit et corrige mes textes (que je modifie habituellement le lendemain avec la version sans faute)!



Je célèbre ma première semaine dans la métropole dans quelques heures, je suis toujours mitigé quant à si j’aime ou non cette vie incomparable à mon ancienne. Il y a des tas d’avantages et d’inconvénients. Par exemple, je suis allé voir Star Trek au cinéma et j’ai fait un tour dans une micro-brasserie (Les Dieux du Ciel sur Saint-Laurent, bel endroit, trop de bruit), tout ça en deux jours! C’est plus que ce que je faisais habituellement en trois mois! D’un autre côté, mon nez souffre.

C’est un peu grossièrement résumé en fait…


Odin