samedi 1 juillet 2017

28. On se comprend

On se comprend

« Y’a rien que nous qui se comprend! »

Crié haut et fort sur la rue Beaubien en ce jour de célébration annuelle du déménagement, le couple est plié de rire.

Je ne peux imaginer quelle blague aux propos profondément enracinés dans leur expérience collective a fait surgir chez eux une hilarité dont le reste du monde sera à jamais coupé. Dans un Québec ni souverain, ni asservi, le couple utilise une phrase unique comme nous : « Y’a rien que nous qui se comprend! » Ma langue, une différence forte entre mon peuple « fort au sein d’un Canada uni » et le reste du monde, une différence que je ressentis en premier en France où mes inflexions barbares et mes expressions ancestrales étaient vues avec un mépris ouvert et fier, une curiosité de l’exotisme (1) ou une incompréhension bornée (2). La phrase est belle, avec ses huit syllabes, son assonance, et ses sous-entendus. Le couple a formé autour de lui une bulle de savon qui déforme tout et qui l’aveugle à son entourage : peu lui importe la présence du passant que je suis et les fenêtres ouvertes des voisins, ils sont heureux, ils rient, ils se comprennent.

Des bulles similaires, nées d’expériences communes, j’en ai vu dans ma province, mon « territoire des vaincus » (3) et au-delà. À certains je pardonne la vision tunnel et les éclats de voix : les amoureux, les enfants dans un parc ou les familles en retrouvailles. Mais dans d’autres cas, je ne peux m’empêcher de voir une faille sociale; lorsque sur un petit bateau tous se taisent pour voir à l’horizon quelques oiseaux et que chacun des 30 passagers (et le capitaine et le guide) apprennent sans le vouloir, les opinions politiques hautement impertinentes (4) de quatre Américains, je sens bouillonner en moi une étrange sensation. Inconsciemment, je repousse mes sentiments, habitué. Les deux couples, un jour, s’étonneront de ne pas avoir vu de marsouin lors de leur passage à Reykjavík. Des mois plus tard, je m’étonne soudainement de n’avoir pas réagi sur ce petit bateau.

De retour chez nous, l’humour et l’amour pondent ces sept divins (5) mots qui résonnent encore à mes oreilles. Mon pays qui n’est pas un pays, mais qui est hiver, on l’a fêté à l’ancienne date du solstice d’été. Dans cette boîte de chocolats qu’est Montréal, je n’ai de plus grand désir que de secouer la boîte pour qu’en tombe les petits bouts de papier qui servent de divisions et que se retrouvent côte à côte plutôt que séparés les chocolats à la menthe, ceux au caramel et les gaufrettes trempées dans le chocolat noir. Dans un sac de méli-mélo, les pièces uniques en viennent bien à partager une même saveur? Et pourtant, ce matin encore dans le bus, j’apprends par l’entremise de deux Françaises « qu’ici c’est le quartier juif ». Elles-mêmes l’ont appris d’un petit livre qui, non content d’en savoir plus que moi sur le chemin que j’emprunte chaque jour, se permet de dresser des murs de papier avec un zèle bureaucratique. À cela est ajouté ce que je crois être une blague vaguement antisémite, contrebalancée (6) par la mention qu’ici, on peut trouver les meilleurs bagels de Montréal (7).

En cette soirée de 150e, je suis seul chez moi. Ce matin, je lisais un Russe dans un bus entre une personne qui partage ma langue et la couleur de ma peau, et une femme voilée, bien plus québécoise que la première. Car celle qui partageait ma langue est venue au Québec parce que l’accent est charmant, et tient un petit livre qui lui dit : « ceux-ci sont juifs, ceux-là son chinois », pour brandir de petits murs de papier qui n’expriment pas l’invisible. Qui n’explique pas que l’homme au dépanneur du coin fait un effort chaque dimanche, sans qu’on le lui demande, pour parler en français à mon père qui achète ses cigarettes. Qui ne sait pas qu’un serveur au café s’est habitué à saluer chaque client par un « Allo, hi! » parce que parfois, lorsqu’il se risque à un simple « Allo! », son client le regarde les yeux vides, et lorsque le serveur se reprend d’un « Good morning! » le regard vide continue. Le client est sûr qu’on lui parle encore dans une langue alien et que jamais il ne comprendra le pauvre serveur dépité qui doute maintenant de lui-même.

« Y’a rien que nous qui se comprend! » Déjà les sons s’estompent, ma tête se vide, il pleut sur les déménagements, il pleure sur Montréal. Dans ma solitude entraînée par les hivers et la neige, je ne fête pas le Canada, je n’ai pas fêté le Québec. Je n’ai ni marqué la fête des Patriotes ni celle de la reine. Dans mon identité nationale confuse, je me réfugie, conscient que je ne suis pas seul dans mon isolement de glace. Conscient que mon expérience nous est commune, et que cela crée quelque chose qui résonne, lorsque pliés en deux nous rions ensembles des proverbes du capitaine Patenaude (9) ou quand nous pleurons de « se savoir un cœur et de n’être compris/Que par le clair de lune et les grands soirs d’orage! » (10) Il m’est bon de savoir qu’il y a quelque chose d’unique ici. Et même s’il y a autant d’uniques que d’unités, comme ce couple qui me rappelle le mien, et comme mon couple me rappelle tous les autres. Et même si la complicité nait (plutôt que née?) du temps, des épreuves et des joies forgent des myriades de bulles de savon à saveur de sel et de sucre dont je ne ferai jamais partie. Et même si ma bulle est barbare et ancestrale aux oreilles de Parisiens blasés, il me fait plaisir de savoir que nous, on se comprend.


Yann Audin



1. Les cousins du Québec! abandonnés à une autre couronne de l’autre côté de la manche après un développement lent causé par un appât du gain plutôt qu’une vision à long terme.

2. Et par là j’entends que ceux qui nous entendaient se refusaient à l’idée que peut-être nous partagions une langue.

3. « Province » était utilisé par les Romains pour designer les territoires qu’ils avaient conquis.

4. J’entends par là « peu recherchés ».

5. Le nombre sept a été associé à beaucoup de choses en sa qualité de nombre premier...

6. Contrebalancée?! HA HA!

7. Et donc du monde!

8. Et sans mentionner que certains Chinois sont juifs.

9. Rien ne sert de courir… l’autobus est déjà passé.

10. Nelligan, « La Romance du vin ».

mardi 8 novembre 2016

27. L'Art Vivant, l'Art Mort

L'Art Vivant, l'Art Mort

Ou SIVA



Il y a quelques mois, en revenant du travail, je me suis arrêté dans un lounge branché du quartier chinois. J'étais encerclé par un groupe d'adolescents bruyants et des joueurs de cartes. Entouré par la foule, avec pour seule compagnie un grand Bubble Tea au chocolat mousseux demi-bulle, nom de code « B C-30 1/2 B », je lisait avidement Siva de Philip K. Dick. J'ai commencé Siva il y a plusieurs années, je crois en avoir lu les deux premiers tiers avant que la vie (scolaire) ne me rattrape et me force à l'abandonner au profit d'autres lectures moins complexes et satisfaisantes. Ce livre est une Source d’Information Vivante et, de bien des façons, Agissante (S.I.V.A.)1, qui a sommeillé au sommet d'une bibliothèque plusieurs années avant que je ne le redécouvre il a environ un mois. Dans Siva, notre univers irrationnel, issu d'un demiurge fou, tente à tout prix de se débarrasser d'un corps étranger, rationnel et immortel. Ce dernier tente d'abolir une structure psychique du nom d'Empire. L'Empire à la forme d'une prison de fer noir immatérielle dans laquelle chaque conscience est enfermée. Pire encore, déduire l'existence de l'Empire et le combattre revient à se faire systématiquement corrompre par celui-ci. Selon le personnage principal, cet être d'en dehors de notre monde a tenté (au moins) quatre fois de nous libérer de cette prison, mais sans succès. Le monde du demiurge fou le reconnaît toujours et le repousse comme un virus. Par exemple, les Romains détruisirent le Christ et que ses enseignements les plus cryptiques furent oubliés dans des manuscrits pendant près de deux milles ans. À la redécouverte de ces manuscrits, l'incarnation du rationnel dans ce monde irrationnel est réintégré dans l'univers et continue son œuvre contre l'Empire2.

Similairement, j'ai redécouvert mon exemplaire de Siva : Son information est sortie de sa torpeur après quelques années. Pendant ce laps de temps, d'autres copies de ce même livre ont, sans le moindre doute, été ouverts ailleurs dans le monde. Ces mêmes informations, partagées par des milliers de personnes, ont passé par une myriade de lentilles organiques et déformantes : Chaque lecteur a une histoire, une culture, une langue d'origine. Surtout, chaque lecture a son contexte. Le livre est donc vivant et partagé, pourtant, il reste cantonné à des individus solitaires (plutôt que rassemblés), isolés les uns des autres, et incapables de se reconnaître d'un simple coup d’œil. Le livre est à la fois une œuvre vivante, mais aussi morte3. Siva est au repos et actif, et même lorsqu'il s'anime, il reste immobile. Cela m’amène à une question : une bobine de film est elle le film? Cyrano de Bergerac peut-il être simplement lu? Ou doit on assister à la pièce? Qu'en est-il du film avec Depardieu dans le rôle titre? Et y a t-il une différence entre ce même film montré au cinéma ou sur petit écran?

Dans sa rubrique sur les Midnight Movies, François Theurel, alias le Fossoyeur de Films, donne indirectement quelques éléments de réponse à ces questions. Les Midnight Movies sont ces « œuvres atypiques » (Theurel)4 qui, dans les années 70, n'étaient projetés qu'aux séances de minuit. Là, ils trouvèrent grâce au bouche à oreille un public décomplexé et avides de transgression cinématographique. Encore aujourd'hui, des jeunes se rassemblent et se déguisent pour chanter les chansons de The Rocky Horror Picture Show, nostalgiques d'un temps où leurs parents ne se connaissaient pas encore. El Topo, The Rocky Horror Picture Show et La Nuit des Morts-Vivants, pour ne nommer que ceux là, transportaient leur public de minuit vers des moments collectifs qu'on ne peut pas ressentir devant un petit écran : L'expérience est hautement influencée par le contexte de visionnement. Les Midnight Movies sont certainement rendus meilleur par le visionnement en groupe5. J'ai bien sûr un contre exemple, Under the Skin est une œuvre extrêmement personnelle et claustrophobe que je suis heureux d'avoir vu seul, en immersion totale et sans personne vers qui me tourner avec horreur (ce qui serait arrivé à de multiples reprises)6.

Chaque œuvre à donc un contexte de découverte optimal qui varie d'un individu à l'autre. Les écoles que j'ai fréquenté ne semblent pas en avoir jamais fait le moindre cas : J'ai eu de meilleures expériences de visionnement de films en camp de vacance qu'en classe. Parallèlement , j'ai eu plus de rétention pour ces films sans intérêt que pour les quelques bons films que mes professeurs au secondaire m'ont tant bien que mal lancé à la figure (avec autant de grâce qu'une poignée de tartes aux couleuvres vivantes et de conviction que le pauvre cuisinier forcé de travailler dans ces conditions). Je me dois toutefois de lever mon chapeau bien haut à mon cours universitaire de cinéma qui projetait les films étudiés de soir, dans une classe équipée d'une sonorisation de qualité, d'un écran panoramique et de sièges rouges rembourrés de cinéma.

Je faisais référence plutôt à Cyrano de Bergerac et bien que je n'ai pas de réponse définitive quant à l'attitude à avoir à ce sujet, je crois qu'il est bon de différencier la pièce du film. Ceux-ci sont, à mon humble avis7, deux œuvres différentes qui traitent de la même histoire. Pour préciser, chaque mise en scène de Cyrano de Bergerac, chaque groupe d'acteurs, chaque adaptation, chaque salle de cinéma et chaque public viendra modifier l’œuvre et sa réception. De bien des façons, la pellicule du film n'est pas le film, mais l'art peut être dormant, il peut être une information sans conséquence… jusqu'à sa redécouverte. John Malkovich a poussé ce concept en produisant un film qui ne sera pas revu avant cent ans. Margaret Atwood s'est aussi prêtée à un jeu similaire, un de ses manuscrits dort dans la Deichmanske Public Library où il sera rejoint chaque année par un nouveau texte. Ailleurs, une forêt a été plantée et ses arbres serviront à imprimer ces textes en 2114. Ces informations prendront cent ans à pousser avant d'être découvertes en tant qu'art.

Bubble Tea au L2 Lounge.
Revenons en a il y a quelques mois, dans mon lounge branché du quartier chinois. J'y ai bu un B C-30 1/2 B en libérant de leur prison de pages quelques milliers de mots, puis j'ai marché vers le métro Place-des-Arts. La rue devant le Théâtre du Nouveau Monde était bondée de gens heureux qui venaient de terminer 8878 que je n'ai pas vu. J'ai alors été pris de cette nostalgie de l’événement live qui frappe parfois le lecteur adepte du tout petit écran que je suis. Pourtant, la performance est mon métier9, je suis entouré de publics toujours différents et chacune de mes représentations est unique. C'est peut-être cette proximité au spectacle qui me donne tant envie de prendre place dans ces sièges rouges, pour d'être entouré par d'autres qui, comme moi, viennent célébrer l'art vivant.






1. S.I.V.A. signifie « Système Intelligent Vivant et Agissant » dans le livre, je me permets quelques libertés.

2. Le personnage en question est, manifestement, fou à lier.

3. Improvisation sur le thème de Je Suis vivant et vous êtes mort, le titre de la bibliographie de Philip K. Dick par Emmanuel Carrère.

4. Référence pour une grande partie du paragraphe: Theurel, François. LE FOSSOYEUR DE FILMS – Les Midnight Movies. 16 avril 2014. En ligne. URL : https://www.youtube.com/watch?v=ZZ7JjacarGM

5. Par exemple, les critiques ont tendance à donner la note passable de 58% à The Rocky Horror Picture Show contre 79% pour les cinéphiles sur Metacritic. Rotten Tomatoes suit cette tendance avec 80% pour les critiques et 85% pour l'audience. Malgré une revue de seulement 7,2/10 par IMDb, ce film a sa place au National Film Registry de la National Film Preservation Board et dans le Hall of Fame de l'Academy of Science Fiction, Fantasy and Horror Films.

6. Juste pour info, j'ai vraiment été horrifié par Under the Skin, mais c'est une expérience cinématographique très forte et qui, je le crois, en vaut la peine (même si elle donne envie de jouer du violon avec les veines de son avant-bras et une scie rouillée).

7. Laissez moi prétendre que je suis humble, ça flatte mon ego.

8. Pièce de Robert Lepage en solo.

9. Rappelez vous mon premier texte, je travaille dans un Planétarium, je donne des « spectacles scientifiques » sur une base régulière.



samedi 17 septembre 2016

26. Greedy Apple, Hungry Apple

Greedy Apple, Hungry Apple


As Irish Universities spiral down in the QS World University Ranking(1), so does Apple's taxes on income in Dublin. The corporation sealed a deal with the Irish government so that Apple Sales International (ASI)—Apple's ghost company in charge of its offshore intellectual properties—only pays 0,005% of tax income(2) in Ireland. If most of Apple's innovations are made in the United States of America, the USA Permanent Subcommittee on Investigation (PSI) pointed out that most revenues generated from patents and original ideas were shifted offshore to Dublin. Apple then uses a legal loophole to avoid taxes from both the USA and Ireland as the USA checks, for tax purpose, where a company is incorporated and Ireland, where a company is managed and controlled. Just like ASI, Apple Operations International (AOI) and Apple Operations Europe (AOE) are managed from the USA while incorporated in Ireland. ASI pays almost nothing to Ireland while AOE and AOI have not paid anything to any government since thirty years(2).


In 2013, the PSI held a ten hours hearing titled the Offshore Profit Shifting and the U.S. Tax Code. Half of the hearing dealt with the ways Apple avoids to pay up to 9 billions US each year out of the 15 billions it has to pay on its pure profit(2). Other countries are also unable to tax Apple's activities on their territory. For instance, all European and most world wide Apple's profits are shifted to Ireland(3). On the 30th of August this year, the European Commission issued the result of a year long research about Apple's tax benefits in Dublin, followed by the statement that the Irish under-taxation of Apple was illegal according to European State Aid Rules. Apple's CEO, Tim Cook called the (at least) 13 billions Euros bill “political crap” and was in Brussels less than a week after the European Commission's decision to lobby in favour of the prior arrangement(4). Apple's executive also threatened Europe with job loss over the issue and Cook asserted the corporation would appeal to the decision(5). For the last year, Apple inc. broke the record for corporate profit in history with a staggering 53.4 billions in annual revenue.


About closing such loopholes used by Apple and other corporations, USA senator Carl Levin said in 2013 that they “could provide hundreds of billions of dollars to reduce the deficit and avert damaging budget cuts to our defense, our schools, our roads, the safety of our food supply and other important priorities”.(2) In Ireland, the Irish Universities Association blames the lack of funding over the last decade for the poor scores of its university(1). It is somewhat a paradox that the Irish government still refuses to claim any money to Apple to protect its image for international investors(6).

Over this situation, Apple will release on the 16th of September its new Iphone which has no headphone jack. This last is the one quasi-universal port that allows compatibility and retro-compatibility between all audio devices since more than half a century(7). This is not the first time Apple gets rid of technology still used by its concurrence, from floppy disks to DVDs(7). In the actual state of the laws on intellectual properties, the corporation insures that there is no compatibility between its product and the rest of the market. It forces costumers to either buy more Apple products or to use an adapter (which at least comes free with the phone, but makes for a clunky experience).

Altogether, the USA government is now working on closing diverse loopholes, the European Union on stopping tax evasion and Dublin on keeping its status as a gateway to Europe for the greediest of investors. In the context of austerity in most of Europe, getting back Apple unpaid taxes represents more than 2800 Euros for each Irish. In parallel, the USA could use some of the money it invests in its country to upgrade the security around its easy-to-enter-in nuclear facility(8).

Hungry Apple, Greedy Apple
Little ball of money
Hungry Apple, Greedy Apple
The-best-way-to-make-the-world-better-is-to-pay-your-taxes-to-insure-healthcare-good-infrastructures-and-improved-education-to-the-citizens-of-the-countries-where-you-make-an-insane-amount-of-profit.


1. http://www.iua.ie/iua-statement-on-qs-rankings-06-09-2016/
2. http://www.hsgac.senate.gov/subcommittees/investigations/hearings/offshore-profit-shifting-and-the-us-tax-code_-part-2
3. http://europa.eu/rapid/press-release_STATEMENT-16-2926_en.htm?locale=FR
4. https://www.theguardian.com/business/2016/sep/01/political-crap-tim-cook-apple-tax-ruling
5. http://www.dailymail.co.uk/news/article-3764393/Apple-faces-bill-billions-Irish-tax-affairs-EU-rules-company-effectively-received-state-aid.html
6. http://www.france24.com/en/20160908-ireland-fights-restore-investment-reputation-after-apple-ruling
7. http://www.bbc.com/news/magazine-35253398
8. https://www.youtube.com/watch?v=1Y1ya-yF35g

samedi 6 décembre 2014

25. Hurl-ô-blanc

Hurl-ô-blanc

Après plusieurs semaines sans écrire pour écrire, sans lire pour lire, se lancer dans un texte pour le simple plaisir de le faire devient un art complexe, car des semaines de travaux littéraires obligés et, surtout, productifs, paralyse cette capacité à laisser tomber les barrières de la discipline et à laisser libre cours à une créativité que l'on doit maintenant débrider plutôt que contrôler (pour ne pas dire réprimer).

L'hiver me frappe chaque année par sa blancheur. Je sens que l'univers entier se ligue pour me livrer une seule et unique information : BLANC. Hurlé haut et fort du haut de nuages infinis et insipides, la neige m'entoure, m'assiège par son ennui glacé. En dessous, le vert de l'herbe, le gris de la pierre, le bleu de l'eau que j'aimerais garder. Au loin, mais tout de même en dessous, le noir du goudron, le blanc des trottoirs, l'odeur des poubelles que j'aimerais oublier. Exception intrinsèque à l'ère post-industrielle, les routes où le blanc devient noir, brun et gris. Les routes, seuls chemins praticables entre A et B, A, l'endroit où je suis, et B, l'endroit où je vais et ou je dois aller, et où je me retrouve embourbé plusieurs fois par jour.

On retrouve, dans la culture populaire, de grands espaces blancs qui symbolisent la pureté, le calme et le paradis y est juché sur des nuages immaculés. Pourtant, l'absence de couleurs en est aussi une d'informations, de moyens ou d'idées, c'est peut-être pourquoi dans certains films de science-fiction, le couleur blanche devient parfois celle de l'enfer, du mal et de la mort, venant ainsi renforcer un sentiment d'aliénation chez le téléspectateur. Encore plus paniquante est la blancheur lorsque celle de la feuille n'est pas troublée par l'encre ou la mine du crayon d'un auteur au désespoir, incapable d'écrire, car peut-être paralysé par une discipline incompatible avec le caractère imparfait de son ébauche mentale ou par les liens qui maintiennent sa créativité, bridée, ou réprimée…

...

Si étaient assemblées l'une à la suite de l'autre chacune des pages de chacun des livres de chacune des étagères de chaque salle de l'infinie Bibliothèque de Babel telle que décrite par Borgès et que celles-ci étaient méticuleusement copiées sur une seule et unique page, cette page serait plus noire qu'une énigme sanglante et nocturne imbriquée dans un contexte palustre par lune noire. Dans ce seul carré noir, résumé écrasé de tous les livres possibles au sens probabiliste du terme, comme le décrit par l'Auteur :

« Tout ce qu'il est possible d'exprimer, dans toutes les langues. Tout : l'histoire minutieuse de l'avenir, les autobiographies des archanges (…) l'évangile gnostique de Basilide, le commentaire de cet évangile, le commentaire du commentaire de cet évangile, le fait véridique de ta mort, la traduction de chaque livre en toutes les langues, les interpolations de chaque livre dans tous les livres… »

Et si de ces innombrables lignes, nous tirions plutôt toute la noirceur du monde, non pas celle des mots sur le papier et du démoniaque figuré, mais celle qui fait peur dans une brume nocturne. Ce noir serait les infinies explosions d'insondables murmures porteurs de tous les mensonges et non-sens que portent les pages de la Bibliothèque de Babel, de chaque vérité et de ces milles déclinaisons que nul n'oserait imaginer ou ne saurait se montrer digne de trouver.

Si j'aime à imaginer le blanc comme absence et les ténèbres comme une toile absurdement dense cachant ce que tous cherchent, ou craignent, mensonges et vérités, c'est peut-être pour rationaliser mon dégoût de l'hiver. C'est peut-être aussi parce que j'ai envie d'écrire, parce que j'aime écrire, et que devant moi ne se dresse plus qu'un seul examen pour un cours qui a avalé chaque semaine une part importante du temps que j'aurais donné à lire et écrire en m'obligeant à écrire et lire. Et finalement, parce que ces mots glissent l'un sur l'autre dans mes pensées depuis plusieurs nuits.


Odin


mardi 17 juin 2014

24. Miscellaneous 1

Miscellaneous 1

Since English is not my native tongue, I decided to publish two small texts, the first humoristic, the second more dramatic. I'm very sorry to not post enaugh stock for the 3 or 4 people who are following me, I'm using all my writing time to the purpose of the LARP I'm implicated in.

An Umbrella



If you ask me what I want for Christmas, my birthday or just to make me a gift, I would answer, without any hesitation, an umbrella, but not any kind of.

I would like the kind of umbrella you have to search a long time in many very classy boutiques. Preferably a black one, in any way something sober in the colours. I would like it to have a beautiful handle, with maybe a strange form like an animal, a distorted drop or an ancient design. This very handle should be of warm wood or from a shinny metal that would resist through time (and space). This kind of umbrella would be very strong, I would like it to carry on with me for ten years before I stop using it under non-exceptional circumstances, not because it is becoming weak of its old age, but because I like it so much that I don’t want to loose it.

I would like this umbrella so much, that I may move in Vancouver or London to be sure to always have a reason to carry it. I may also travel in Viet-Nam during the rainy season and all this, in the name of my umbrella and all this, with my fear of giant spiders (the kind we can actually find in Viet-Nam). In any city, while the sky is blue and the air is hot, I would use it as a can and think of myself as a gentleman. I would tell story to my children and grand-children of the adventures of this umbrella until one day my will of being burned with it will be fulfilled, alive or dead, it would not matter to us, me and my old umbrella, an old and strong umbrella with no name to continue to walk as a gentleman in every places my death will bring me.

I’m not serious on this, but still, if you give me an umbrella for my birthday, I’ll be happy as that one time my mother asked me what I would like fore Christmas and I joked about a radio-controlled helicopter.

I still really don’t know what to do with the helicopter. I guess I’ll find something soon.







I, He, then she, we.



I lost control again.
From what I am and want to be
To what I love and cherish
I lost control again
From my horror and envy
To the last as the first
I lost control again
From flesh and chemistry
To odours and looks
I lost control again
From hands and friends
To cheek and pride
He lost control again
From stupor and shock
To flight and silence
We lost control again
From love and friends
To fear and shock
She lost control again
From solitude and run
To run and solitude
I lost control again
From here
'Till tomorrow
I've lost control again
From sorrow and story
To sorry and history
I'll lost control again
From what's lost
To what's different
We'll lost control again?




Toujours là pour les commentaires

Odin


P.S. She Lost Control Again is a song by Ian Curtis, lead singer of Joy Division.

lundi 7 avril 2014

23. La peur (non Zweiguienne)

La peur (non Zweiguienne)



« Elle ne voulait plus penser à rien, elle ne voulait plus que vivre, s’étourdir, occuper son esprit à des choses vides et dénuées de sens.»

-Stefan Zweig, La Peur.





J’ai encore perdu mes élections contre l’absence.

Contre ceux qui disent venez me voir, je ne suis pas… Venez me voir, je ne ferais pas…

J’ai encore perdu mes élections contre l’argent.

Contre ceux qui disent que c’est La priorité. Ceux qui disent qu’il faut couper.

J’ai encore perdu mes élections contre le mensonge.

Contre ceux qui disent qu’eux sont ceci. Qu’ils sont cela.

J’ai encore perdu mes élections contre la peur.

Contre ceux qui disent qu’eux feront ça. Si on ne les empêche pas.


J’ai encore perdu mes élections contre la mort.

L’absence, l’argent, le mensonge et la peur.

La mort.


Mon peuple a vécu d’espoir.

Vainquant la mer.

Vainquant le froid.

Vainquant la neige.

Vainquant la mort!


Et aujourd’hui, j’ai encore perdu mes élections.

Parce que mon peuple a voté pour la mort.

On lui a fait peur.

On lui a menti.

On n’a parlé que d’argent.

Et l’absence fut promis.


Et « on », a gagné.


Et nous sommes morts des votes.

Et nous avons perdu de peur.





Mais pourquoi n’ai-je pas peur? Suis-je différent? Ai-je un manque?

Suis-je seul à vouloir autre chose?

À rêver haut?

Pour ne pas toucher bas.

Suis-je seul à vouloir hurler? À vouloir m’enfuir?

Non.

À vouloir vivre, chanter et danser mon amour d’autre chose.


Vouloir, futur, innover, faire, joie, durable.

À force de trop vouloir déconstruire l’autre, qu’arrive t-il à soi sinon que le néant de ne plus être dans l’avant, mais dans l’arrière?

Animer le feu qui brûle vers l’ennemi de quel projet? Si se meurt la flamme de l’idéal qu’est celui-ci.

Créer, grandeur, aller, amour, courage, penser.

Si les nombres sont contre l’espoir.

Si les masses se terrent dans l’arrêt.

Si la pensée recule sous l’apathie.


JE ME TIENS DROIT.

Culture, Nation, Santé, Force.

JE ME BATS.

Art, Vie, Science, Environnement.

J’ESPÈRE.

Souveraineté, Éducation, Enfance, Avenir.

JE RÊVE.



Je suis vous.
  


PS1. Et « nous savons
que nous ne sommes pas seuls.»

-Michèle Lalonde, Speak White.



À dans 4 ans. (1)



P.S.S. À l'école de la musique et de la poésie, on apprend pas, on se bat!

-Leo Ferré



Odin







1. Pour les élections, je vais vous écrire avant dans 4 ans!

mercredi 19 mars 2014

22. Bonne fête Yann

Bonne fête Yann

Aujourd'hui, on m’a rappelé mon anniversaire et je commence à écrire avant même de m’être souhaité une bonne fête.

Aujourd'hui, ça fait deux décades que j’existe. De 1994 à 2014, 20 années où mon cœur ne s’est arrêté que quelques fois lors de dangers ou de baisers. Deux fois dix ans dont seules quelques brides se promènent encore en ma conscience qui n’a sûrement pas commencé en 1994.

J’ai essayé de me rappeler de ma première conscience, je n'ai réussi qu'à retrouver mon premier souvenir. Je suis dans un parc, je me balance doucement, je n’arrive jamais à aller haut. J’aimerais aller plus vite, je ne veux pas voir que je suis si bas, je ferme mes yeux très forts. Quand le vent fouette mon visage et le temps entre deux hauteurs maximums est assez grand, j’ouvre les yeux. Je me balance autrement, j’ai compris comment fonctionne la balançoire, je sais, je sens que la balançoire ne peut me porter plus haut, j’ai atteint sa limite.

D’autres épisodes de ma vie, enfouis dans mon brouillard, sont liés au même petit garçon sur sa balançoire.

Mon père cherche partout. Ça sent le brûlé, mais nul ne le sent. Je vais à la fenêtre, une pièce du toit enflammé tombe de deux étages plus haut. Nous sortons, tout le bloc est en feu, et moi je veux aller jouer au parc. Ça, on me l’a raconté, je ne me rappelle que du morceau en feu. On ne me laisse pas aller jouer au parc même si rationnellement, on ne peut rien faire pour aider les pompiers. J’apprends que certaines choses doivent être vécues en personne, qu’elles sont une expérience symbolique, qu'elles ont une importance symbolique.

J’apprends aussi que le feu n’est pas un jeu.

Ma première école primaire, je suis second de classe et je suis jaloux. C’est un territoire et ceci est une lutte, je serais le plus intelligent.

La cours de la même école, nous sommes trois, nous sommes ensemble et nous sommes forts. Les autres sont plus, mais nous ne faiblirons jamais, l’honneur avant tout, nous mourrons bien avant l’abandon.

Bien plus tard, j’ai compris que cette rivalité dans cette cours n’était qu’un jeu et que ceux de l’équipe adverse étaient de bons amis du Yann de première année. Mais ce sentiment de courage et d’honneur avait pris une dimension épique que je garderais jusqu'au moins ce jour.

Je quitte la ville pour la campagne, une nouvelle école. Choc de culture, l’intelligence et l’honneur m’importait, le monde s’en foutait. J’étais le plus petit, j’étais nouveau. Quelque chose est mort en moi là-bas, beaucoup d'autres créatures y sont nées

La cour de cette même école, du muscle s’avance vers moi, je lui demande s’il sait ce qu’est une racine carrée ou une division. Il avance, je recule. Il s’en fout, je lui prouve cinq fois par A=B qu’il ne sait qu’une fraction de ce que je sais, qu’il est incapable de penser, qu’il est même complètement stupide. Il charge.

Mes valeurs ne sont pas celle de mon nouveau monde. J’aimerais partir. J’ai appris le courage, j’ai appris l’honneur. Je confronte toujours et pour cela, je me fais punir.

Sortie scolaire, je crois que c’était de la raquette, je sais que j’ai lancé des chaises. J’ai été puni, et condamné injustement pour m’être défendu, à rester assis sur la chaise qui gît à quelques mètres de moi et de l’adulte qui tente de me maîtriser physiquement. Tous les adultes de l’école sont des connards, il s’en foute de nous. Je confronte.

J’ai un ami qui vit proche de chez moi. On se bat avec des branches, je rêve de faire du grandeur nature, mais mes parents ne m’y accompagnerons jamais et je n’ai pas l’âge d’y aller. Un jour, son père ramasse toutes les branches sur le terrain et fait un feu. J’arrive à déterminer à partir d’un morceau de cinq centimètre de large qu’il a détruit un de mes bâtons préférés d’un coup d’œil. Je l’utilisais depuis plus d’un an, je le connaissais par cœur.

Dans ma vie, tout s’accélère, je n’ai plus le temps pour les morales d’enfant. Je n’ai plus le temps de fermer les yeux sur la balançoire. Et pour la première fois, j’ai peur de la mort.

C'est environ ici que je commence à exister, il y avait un avant, il y a un maintenant.

Tous mes étés, entre 7 et 13 ans, je vais au même camp municipal. Mon avant dernier animateur, Cortex, me donne envie d’animer. Il n’est pas comme les autres animateurs, c’est un chef de meute qui n’hésite pas à faire des folies pour nous. Une fois, en camping, un responsable nous trouve entourant une pierre arrosée de kérosène enflammée en train de faire nos hommes des cavernes et de grumeler « hou, hou, feu de roche! »

Dernière journée de mon primaire. Des gens pleurent. Je suis heureux. Vraiment très, très heureux. Je verse une seule larme sur mon trajet d’autobus. J’adore ce trajet d’autobus. J’y ai lu plus de livre que n’importe qui d’autre qui l’emprunte, je ne sais pas que le prochain sera encore plus long, et que je lirais encore plus vite.

Dans le bus du secondaire, deuxième année, je déteste « l’autre Yann ». Il est sarcastique, fendant, irrévérencieux et s’assoit souvent avec moi.

Dans le bus du secondaire, troisième année, bataille avec « l’autre Yann », nous nous immobilisons l’un l’autre, et au même moment, nous mimons de frapper l’autre avec nos fronts en disant, de manière simultanée, « Il reste ma tête! ». Bien sûr, deux personnes qui miment de se frapper se rencontrent à mi-chemin, certains ont des coups de foudre, nous, c'était sur un coup de tête.

« L’autre Yann » est mon meilleur ami.

Tous mes étés entre 14 et 16 ans, je travaille au même camp qui a vu mes dernières vacances. Je tente d’être comme Cortex, mais en plus sage.

Nous sommes quatre et avons pris le contrôle d’une porte assez fréquentée. À chaque personne qui passe, nous nous inclinons poliment d’un « bonne journée ».  Certains se sentent insultés. Tant pis.

Je participe à mon premier grandeur nature, mon personnage passe 12 heures à s’enfuir, se faire des amis orcs et jouer de la flûte. Je fais de cette activité l’une de mes passions.

À 17 ans, l’administration de mon camp change, on ne me reprend pas. Premier pas dans l’inconnu depuis le secondaire. Je fais des ménages durant deux jours, démissionne et suis engagé le lendemain dans un autre camp de jour.

Au cégep, je me plais la première année, je me sens en avance et ne m’en fait pas tellement pour mes notes. Seule la chimie me pose problème. Je ne suis pas bon en laboratoire et la manipulation me rend malade. J’ai toujours voulu être et été un cérébral. Je réussi à passer, c’est l’important.

Je commence à considérer que je suis peut-être, parfois, un adulte, c’est un pas de géant.

J'apprends l'existence de Bishop à cause d’un hasard, mon amie parlait d’architecture avec le représentant de Laval depuis plusieurs minutes, je m’ennuyais, j’ai trouvé un kiosque mauve inoccupé et ai commencé à lire une brochure. La femme qui s’en occupait revient des toilettes et me demande ce qui m’intéresse. Alors que je dis le mot « physique », son sourire glisse. Avec son accent anglais, elle me dit que la physique à Bishop est très spéciale et vraiment pas pour tout le monde. Je veux en savoir plus, elle m’explique que Bishop se concentre surtout sur l’astrophysique.

Je décide d’aller à Bishop.

Un été en camp de vacance, à plusieurs heures de route de chez moi. Je réussi à créer des souvenirs incroyables pour les enfants, je suis en conflit avec mon patron. Même s’il avait voulu me reprendre l’an prochain, il me dégoûte, je refuserais. Je fuis vers quelque chose d’autre. J’envoie un CV au planétarium de Montréal, mais je n’ai pas de réponse. Ma mère en parle à une de ses amies qui envoie directement mon CV a une amie, mais je n’ai pas de réponse. J’en parle à ma grand-mère, on m’appelle moins de 48 heures plus tard. Merci grand-maman. Je passe l’entrevue avec succès, mon été suivant sera à Montréal avec l’emploie le plus incroyable que je peux imaginer, dans une ville qui m’agresse en permanence.

Après un spectacle au planétarium, quelqu'un s’approche de la console. « Salut Yann », quelques secondes de regard. « Cortex. » Merci de t’être souvenu de moi, c’est sans doute le plus beau compliment que tu pouvais me faire.


Aujourd'hui, j’ai 20 ans. Je suis étudiant en physique et littérature anglaise, et lorsque je regarde derrière moi, je vois d’immenses ombres qui sont autant de raisons qui m’ont poussé à partir, à fuir si souvent. Mais j’aperçois également des hasards, des valeurs qui m’ont poussé à avancer, à détruire l’inconnu à grand renfort de curiosité et d’optimisme. Et maintenant, je porte mon regard vers l’avant et je lève la tête, avec la fierté d’un petit bonhomme sur la balançoire et le courage d’un trio d’honorable guerrier dans la cour de récré, avant de faire toujours un pas de plus, plus haut, plus vite, meilleur. Il y a quelques années, je trouvais ridicule l'enfant qui prouvait par A=B que son assaillant était stupide. Aujourd'hui, j'en suis fier.

Aujourd’hui, j’ai pensé, j’ai regardé en arrière, et j’ai regardé comment j’allais vers l’avant. Et je me suis souhaité bonne fête.




Yann,

Bonne fête et merci pour tout.

Yann.




Demain est l’équinoxe de printemps. N’oublier pas de le célébrer, ou au moins d’y penser.



P.S. Mon premier texte en anglais est en écriture et sera bientôt en ligne si ça ne vous dérange pas (c'est ma fête, je le mettrais en ligne même si ça vous dérange).